Pour la Commission théologique internationale : il est temps de mettre pleinement en œuvre la synodalité

 

Publié le 5 Mai 2018

 

Comme le montre l’article de Iacopo Scaramuzzi pour Vatican Insider le vendredi 4 mai 2018 il est nécessaire de donner une nouvelle impulsion à la synodalité. Ceci est soutenu par la Commission théologique internationale, un organisme appartenant à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui publie un document intitulé "Synodalité dans la vie et la mission de l'Église", mis en place le 2 mars et publié le 3 mai, fruit de quatre années de réflexions de l'une des trois sous-commissions, présidée par Mgr Mario Angel Flores Ramos entre 2014 et 2017, puis approuvé par la majorité de la commission plénière et par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, l'archevêque Francisco Ladaria.

 

 Ce document souligne que "la mise en œuvre de la synodalité", une "dimension constitutive de l'Église" particulièrement à la lumière du Concile Vatican II et fortement soutenu par le pape François - il exige que «certains paradigmes souvent encore présents dans la culture ecclésiastique» soient surmontés, par exemple «la faible valorisation de la contribution spécifique et qualifiée, dans leur sphère de compétence, des fidèles laïques et parmi eux les femmes». Il faut aussi «intensifier la collaboration mutuelle de tous dans le témoignage évangélisateur à partir des dons et des rôles de chacun, sans cléricaliser les laïcs et sans séculariser les clercs, en évitant en tout cas la tentation d'un «cléricalisme excessif qui garde les fidèles» laïcs au bord des décisions».

 

Dans ce document, il est «nécessaire de réviser la législation canonique qui actuellement ne fait que suggérer la mise en place d'un conseil pastoral paroissial rendu obligatoire, comme l'a fait le dernier synode du diocèse de Rome»; ou, en ce qui concerne les diocèses, il souligne qu’«il est essentiel qu’ensemble, les synodistes offrent une image significative et équilibrée de l'Église particulière, reflétant la diversité des vocations, des ministères, des charismes, des compétences, des origines géographique»; ou, en outre, souligne, à propos de l'invitation du pape François à étudier l'attribution doctrinale des Conférences épiscopales nationales, qu'il faut «prêter attention aux expériences acquises au cours des dernières décennies ainsi qu'aux traditions théologies et aux lois des Églises orientales»; ou, enfin, il écrit qu’«une procédure plus précise dans la préparation des Assemblées du Synode des Évêques pourrait permettre aux Conférences Épiscopales de contribuer plus efficacement aux processus synodaux impliquant tout le Peuple de Dieu, à travers la consultation des fidèles laïcs et des experts de la phase de préparation».

 

 La pratique du dialogue est également pertinente pour le voyage œcuménique et pour un monde qui témoigne «d'une situation de crise structurelle des procédures de participation démocratique et de méfiance dans ses principes et valeurs inspirantes, avec le danger de dérives autoritaires et technocratiques». Dans ce contexte, la priorité et le critère de toute action sociale du Peuple de Dieu est l'impératif d'écouter le cri des pauvres et celui de la terre, appelant de toute urgence, dans la détermination des choix et des projets de la société, la place et le rôle privilégié des pauvres, destination universelle des biens, primauté de la solidarité, soin de la maison commune.