Pré-synode en mars : une "nouveauté" pour écouter tous les jeunes "sans exclusion"                                                                                                                                                                                                                                                                             

Publié le 17 Février 2018

Comme nous le montre cath.ch le vendredi 16 février 2018 que e pré-synode de mars prochain est une nouveauté pour écouter tous les jeunes “sans exclusion”, a affirmé le 16 février 2018 le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode. Le prélat italien présentait la réunion pré-synodale qui se tiendra à Rome, sept mois avant le véritable synode sur les jeunes.

 

Selon le cardinal Baldisseri, cette pré-rencontre réunira près de 300 jeunes du 19 au 24 mars. Les conférences épiscopales ainsi que les mouvements catholiques de jeunesse ont été invités à envoyer un à trois représentants. Si la plupart de ceux-ci sont catholiques, certains ne sont pas croyants.

 

De même, a souligné le cardinal Baldisseri, seront présents des jeunes ayant connu des situations difficiles, comme la prison ou la traite humaine. De plus, assisteront des jeunes issus de communautés catholiques comme le Chemin Neuf ou l’Emmanuel. Ou encore des jeunes engagés dans des organisations humanitaires ou politiques.

 

Ce format de rencontre, a souligné le prélat, est une “nouveauté”. Si des rencontres préparatoires à des synodes ont déjà existé, celle-ci veut aller plus loin pour faire du synode d’octobre une assemblée non seulement “pour les jeunes mais aussi des jeunes et avec les jeunes”. Le but est d’aider ceux-ci à “trouver le sens de leur vie”.

 

Au premier jour de ce pré-synode, les participants seront reçus par le pape François, qui répondra à quelques questions. Puis, les jeunes travailleront en six groupes linguistiques pour élaborer un document commun. Celui-ci sera remis au pontife le 25 mars lors de la messe des Rameaux et servira pour l’Instrumentum laboris, le document de travail pour les évêques réunis en octobre. Si seuls 300 jeunes seront présents à Rome, le Saint-Siège veut permettre à ceux du monde entier de participer en direct par l’intermédiaire des réseaux sociaux, en particulier Facebook et Twitter. Une inscription préalable à la rencontre est toutefois nécessaire.

 

Le cardinal Baldisseri est également revenu sur le questionnaire en ligne visant à recueillir des réponses du monde entier. 100 500 personnes ont répondu entièrement, ce dont il s’est déclaré satisfait. Sur ces réponses, plus de la moitié viennent d’Europe, 19% d’Amérique latine et 18% d’Afrique. Pour Stella Marillene Nishimwe, Burundaise de 23 ans participant à la rencontre, c’est par leurs contributions via les réseaux sociaux que les jeunes du continent africain pourront éviter d’être sous-représentés.

 

Par ailleurs, le cardinal italien a confirmé que “presque tous” les auditeurs du synode d’octobre seront des jeunes. En revanche, la liste des pères synodaux n’est pas encore établie, a-t-il affirmé.

 

Un autre sujet est venu, celui de la polémique sur le MRJC comme le montre l’article du vendredi 16 février de cath.ch : «Pré-synode des jeunes : le cardinal Baldisseri et la polémique franco-française sur le MRJC». Le secrétaire général du Synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, a répondu le 16 février 2018 aux critiques surgies en France concernant la participation de l’un des trois représentants choisis par les évêques français à la réunion pré-synodale qui se tiendra à Rome, sept mois avant le véritable synode sur les jeunes.

 

Le prélat italien, évoquant les critères de choix des jeunes à la rencontre pré-synodale du mois de mars, a affirmé : “Nous avons laissé la liberté aux conférences épiscopales de choisir leur représentants”, a-t-il expliqué en évoquant la polémique sur la participation d’un jeune de 24 ans, membre du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC).

 

Dans un communiqué du 19 janvier, cette association avait affirmé un droit à l’avortement, avant de nuancer sa position contraire à l’enseignement de l’Église. Ce jeune homme, a expliqué le prélat, n’est pas un dirigeant du MRJC. “Il vient à titre personnel, ne représente pas le MRJC mais la Conférence des évêques de France”, a-t-il insisté.

 

Mais tout cela est bien beau, surtout quand on voit que ce pré-synode est noyauté par les communautés nouvelles (le Chemin Neuf ou l’Emmanuel) et il faudra voir si cette jeunesse représente vraiment les jeunes à laquelle l’Église prétend parler. Peut-être devrait-elle écouter Mgr Martin Werlen comme le montre son interview dans cath.ch de ce samedi 17 février : «Mgr Werlen: Les 'absents' ont des choses à dire à l'Eglise».

 

L’Église doit se mettre davantage à l’écoute de ceux qui se sont éloignés d’elle. Elle doit sortir de ses palais et aller vers les personnes dans le besoin, dit Martin Werlen, abbé émérite d’Einsiedeln. Son nouveau livre Zu spät (Trop tard), paru en allemand, secoue l’Église. Pour Mgr Werlen, «Trop tard signifie que nous sommes dans le désert. Avec la baisse du nombre de fidèles, le manque d’assistants pastoraux, l’Eglise vit des expériences de désert. Et l’Eglise doit se confronter à cela. Ce n’est qu’ainsi qu’elle sera en mesure de comprendre ce que Dieu veut lui dire.»

 

Il signale que «Le concile Vatican II avait déjà affirmé clairement que l’Esprit de Dieu agit aussi en dehors de l’Eglise. Mais au sein de l’Eglise, il y a des gens qui ont beaucoup de peine avec cette idée. Pour eux, cela ne doit pas exister. J’ai été choqué, récemment, lorsqu’un évêque a fait part, dans un article, de sa difficulté en apprenant que, pour le prochain Synode des jeunes, le pape François avait invité des jeunes qui s’étaient détournés de l’Église, plutôt qu’uniquement des jeunes proches de l’Église. C’est justement cette expérience du désert que le pape veut amener au Synode.»

 

Il montre sagement que «Beaucoup de personnes qui ont quitté l’Église ont de bonnes raisons de l’avoir fait. Elles ne comprennent pas la langue, elles ne se sentent pas rejointes, elles ne peuvent pas faire part de leurs besoins, elles ont fait des expériences qui les ont blessées. Saint Benoît disait à l’adresse de l’abbé du monastère: “Quand un hôte fait une critique, réfléchis-y sagement, pour savoir si ce n’est pas lui que le Seigneur envoie justement pour cela”. C’est une attitude à avoir pour faire face à ceux qui adressent une critique.» Pour lui, «Nous devons sortir de nos sécurités et des palais où nous nous trouvons. Nous devons cheminer tout à fait normalement avec les gens.»

 

Intelligemment, il nous fait savoir que «La Tradition, c’est la fidélité à Jésus-Christ à travers les vicissitudes du temps. Les traditions sont des manières d’exprimer cette fidélité à un moment donné. Nous ne devons pas renoncer à la Tradition. Mais les traditions doivent être abandonnées, lorsqu’elles se mettent en travers de la Tradition.» Pour résoudre les problèmes dans l’Église, il donne une solution : «Quand un évêque dit: “Dans ce domaine, l’Église n’a pas de compétence, là nous ne pouvons rien dire”, un signal d’alarme s’allume chez moi. Dans l’Ecriture, je n’ai encore jamais trouvé de situations où des personnes rencontrent Dieu ou Jésus et reçoivent une telle réponse. Cela équivaudrait à l’attitude des pharisiens qui disent : “C’est le shabbat et durant le shabbat, on ne peut guérir personne”. Pour Jésus, la personne est plus importante que le shabbat. Suivre Jésus, cela signifie aider la personne dans le besoin, pour qu’elle puisse reprendre souffle. Quand des personnes sont en détresse, l’Eglise a le devoir d’élever la voix.»

 

Il propose aussi de rénover le bâtiment : «L’édifice actuel proclame un message de pouvoir. Aujourd’hui, nous aimerions annoncer un autre message. Un des pas les plus importants du pape François a consisté, au Vatican, à quitter le palais pour aller habiter dans la maison d’hôtes. Son engagement en faveur des pauvres et des réfugiés ne serait pas crédible s’il n’avait pas, en même temps, fait ce geste. Est-ce que ce ne devrait pas être valable pour nous aussi ?» «Je suis convaincu qu’une communauté gagne en crédibilité si elle a le courage de lâcher prise», dit-il. Il conclue en disant : «Il va sans dire que beaucoup de formes et d’institutions ecclésiales peuvent disparaître sans que ne s’effondre ce qui est profondément enraciné dans l’Église.»